L'Histoire de Condé-Folie

L’Histoire de Condé-Folie

Publié le jeudi 6 septembre 2018



Situé à 30 kilomètres d’Amiens et 25 kilomètres d’Abbeville, Condé-Folie est en zone rurale à une altitude moyenne de 14 mètres.

"Condatus" en 1090, rattaché à la paroisse de l’Etoile jusqu’en 1728, ce village est historiquement constitué de deux entités distinctes :

- Condé (signifiant confluent puisque situé à l’origine près des rivières et des marais)doit son origine aux gaulois.

- Folie (signifiant non pas la folie, je sais que vous y avez pensé, mais feuillus, le bois, puisque à l’origine entouré de forêts)est d’origine romaine et aurait été bâtie au moment ou après l’invasion des Gaules. Les colons romains seraient venus juxtaposer leurs habitations à celles des indigènes gaulois de Condé. Cette hypothèse est vraisemblable du fait du voisinage du camp romain de l’Étoile.

2 entités mais 4 parties

Du IXe au XVIe siècle, le village était divisé en quatre parties unis deux à deux. Condé haut et Condé bas formait une paroisse, Folie haut et Folie bas en formant une autre.

Ces deux entités ont fusionné au cours des siècles pour fonder un seul ensemble, Condé Folie, tout en gardant certaines particularités se reflétant notamment au niveau des mentalités.

Condé-Folie dans la guerre

Du XVIe siècle à la Révolution française, le village va souffrir de fréquentes incursions des Espagnols et des Impériaux. Condé-Folie est terre d’accueil pour les milliers de soldats tombés en terre picarde lors des combats de mai-juin 1940.

Les combats de Condé-Folie 4-5 et 6 Juin 1940

Le 5 Juin, la 7e division du Général Rommel passe par la Somme en utilisant les ponts des voies ferrées secondaires qui franchissent le canal et la route D218 pour rejoindre la ligne Paris Calais dont elle s’est assurée l’accès par les raids répétés au cours de la nuit du 4 au 5.
Le génie allemand a déboulonné les rails et dégarni les ponts permettant à Rommel d’engager ses chars sur le remblai et, par un plan incliné, leur faire gagner rapidement la route 218, puis Hangest.

La route de l’Etoile à Condé-Folie constituait un passage facile, ce qui explique l’importance du point d’appui de Condé-Folie, repris aux allemands le 28 Mai par des éléments du 3e RAM et du 2e RDP puis tenu ensuite par le 4e Hussards que le 2e Cie du 53e RICMS releva le 4 Juin.
Le 53e RICMS avait été formé en 1939 d’hommes originaires de la Provence, du Languedoc, du Roussillon et du Massif Central, puis completé en 1940 par un important détachement de Sénégalais. La défense de Condé-Folie est confiée à la 2e Cie du 1er Bataillon.
Elle est commandée par le capitaine MAGNIEN.

Défensive sans esprit de recul. Résistance même après l’encerclement

Le 5 Juin dès le début de la matinée, l’infanterie allemande attaque après une violente préparation d’artillerie. Vers midi, des chars ennemis sont aperçus à l’est du village. L’après midi, sous de violents bombardements, le village subit de gros dommages. Pendant plusieurs heures,les combats se déroulent de maison en maison. Les nombreux blessés sont soignés dans quelques caves non encore effondrées. Devant cette résistance acharnée, les allemands utilisent des lance-flammes, obligeant le capitaine MAGNIEN a quitter son PC. Il regroupe les survivants, déclare "la coloniale ne se rend pas" et donne l’ordre de faire une percée pour rejoindre les points d’appui situés au sud du village. Il sera tué quelques temps après.

A l’aube du 6 Juin, quelques coups de feu se faisaient encore entendre dans les ruines fumantes de Condé-Folie. Un dernier groupe qui résistait dans une cabine d’aiguillage fut anéanti par un lance-flammes. Le nom de Condé-Folie évoque, aujourd’hui, le souvenir de héros qui ont attiré, par leur conduite,l’admiration de tous.
Sachons tirer les leçons du magnifique exemple que nous ont donné le capitaine Magnien et ses hommes restés jusqu’au bout fidèles à la devise du 1er bataillon :"Fiers"

Près de 200 soldats périrent au cours de ces combats, pour la défense de Condé-Folie.

Le 22e RMVE : les "sans culottes" de 1940

Une rue de notre village porte le nom d’un glorieux régiment qui s’est illustré dans les combats de la Somme en 1940 :

Le 22e RMVE (Régiment de marche des Volontaires Etrangers).

Pour habiller rapidement ce régiment, l’Intendance récupère toutes sortes de tenues que personne n’utilise plus, du bleu horizon au bleu moutarde.
Les brodequins sont déformés, usés ou décousus. Les casques sont maintenus par des lacets. Ce sont les soldats les plus mal habillés de l’Armée Française.
A partir de la fin 1940 les choses s’améliorent.Chaque homme reçoit une tenue de campagne neuve.

Bien que l’uniforme soit maintenant impeccable, le 22e a quelques difficultés pour ajuster l’équipement.
En effet, aucun casque, fusil, bidon, havresac n’est muni de bretelle en cuir. On ne peut avoir recours qu’au pelotes de ficelles.
"L’armée du salut" disparait pour revivre sous cette nouvelle appellation : "Régiment à ficelles".
C’est bien dans ce langage que les allemands bien renseignés sur le mouvement des troupes lui souhaite la "bienvenue" au front.

Pourtant, c’est ce même Régiment qui dans le secteur de Péronne, Berny, Villers-Carbonnel arrête et retarde l’offensive allemande.

Tourisme et environnement

Les amateurs de la nature aiment sillonner la campagne environnante et les amoureux de l’art peuvent visiter l’église de la Visitation.
En 1640, l’Eglisette , située sur le haut de Folie, brûle.
En 1699, le jour de Noël est célébré la première messe dans la nouvelle église, sous le nom de la Visitation de la Sainte Vierge.
Tour carrée en pierre, clocher à 4 pans, porte principale à colonnes doriques, l’église est bâtie en grès, pierres et briques supportée d’épaisses murailles.
A l’intérieur, elle forme une croix latine et a un choeur ceint d’une corniche sculptée.

Elle est remarquable par la niche qui se trouve derrière le maître autel rappelant la scène de la Visitation (en bois blanchi 18e siècle).
Elle abrite, entre autre, une magnifique statue en bois de la Vierge et l’enfant attribuée à Blasset, des peintures sur toile, œuvres de Madame de Liège, châtelaine de la paroisse, de très beaux vitraux réalisés vers 1920.

Le Château disparu

Situé à l’est du village (rue du Haut de Folie), le château de Condé-Folie fut construit au XVIIe siècle (au début du règne de Louis XVI) en brique et pierre, par Jacques Adrien Aliamet (1738-1789) Président trésorier de France. Son fils, Jules Hippolyte Aliamet rendit le domaine à Pierre Charles de Liège (Trésorier de France) qui fit construire une chapelle néogothique (vers 1820), la décoration fut confiée aux frères Duthoit. Ses descendants habitèrent le château, jusqu’à son acquisition par la famille Saint dans les années 1895. Le château fut détruit pendant la seconde guerre mondiale. Il ne reste aujourd’hui que les ruines des communs.

Géographie

Située sur la rive gauche de la Somme, entre Amiens et Abbeville, la commune de Condé-Folie s’étend sur 1037 ha dont la moitié en marais.
L’altitude moyenne est de 14 mètres. Le point culminant est 96 mètres.
Le point le plus bas est 9 mètres dans les marais de l’Étoile.
Le village est situé à 0°35 de longitude Ouest et 46°39 de latitude Nord à 800 mètres de la rive gauche de la rivière Somme.
Le sol est de formation tertiaire et quaternaire. Celui de la côte et du plateau est argilo-calcaire et argilo-siliceux.
Le fond de la vallée est de type marécageux et tourbeux.

C’est l’extraction de la tourbe au 19e siècle qui a donné naissance aux nombreux étangs du village. La tourbe servait de combustible, celle de moins bonne qualité était employée comme engrais. L’exploitation de la tourbe était une source de revenus pour la commune. Avec ses 5 étangs (dont deux fermés) d’une superficie de 11 ha et 4 kms de rives , Condé-Folie est un véritable paradis pour les pêcheurs qui y trouvent calme et tranquillité.




Quelques Photographies

Le Cimetière Le Monument aux Morts La Plaque Comémorative L'Eglise L'Eglise Les Marais